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    Mobilisations orthodoxes en Géorgie : la politique par d’autres moyens
    (SciencesPo, 2020)
    Une crise politique majeure, qui a fragilisé le pouvoir et détérioré les relations avec la Russie, s’est ouverte le 20 juin 2019 en Géorgie. Des dizaines d’opposants sont descendus dans la rue pendant plusieurs jours pour protester contre ce qui leur paraissait être une provocation : Sergeï Gavrilov, un député communiste de la Douma russe, connu pour ses positions antigéorgiennes, avait prononcé un discours depuis le perchoir du Parlement géorgien en tant que président de l’assemblée générale de l’Assemblée interparlementaire sur l’orthodoxie. De nombreux observateurs ont découvert à cette occasion cette organisation née en 1994 en Grèce, ainsi que les arrangements improbables par lesquels son assemblée générale était présidée par un député russe communiste. Cet épisode témoigne de l’importance prise par l’orthodoxie dans la vie politique géorgienne et au niveau régional, mais aussi la difficulté à cerner le type de projet politique qu’elle sert. Les liens entre orthodoxie et politique en Géorgie sont en général abordés à partir des institutions et des processus d’instrumentalisation de l’Eglise par le pouvoir ou l’inverse – la « symphonie byzantine » – ou par un Etat tiers – la « main de Moscou ». Ces analyses ne permettent pas de comprendre la diversité ni l’instabilité des identités politiques qui se réalisent à travers l’orthodoxie. Notre objet est de mettre en lumière le caractère labile des relations entre religion et politique, en retraçant quelques-unes des articulations qui se sont nouées depuis les années 1990, parfois parallèlement, chacune engageant des acteurs, des modes de mobilisation, des formes organisationnelles et des rapports aux institutions politiques différents.
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